Pour un extra terrestre, quel système serait le plus chrétien?
Amusons-nous à nous représenter un extra-terrestre venant d’une lointaine galaxie (donc dépourvu de tout préjugé, idée préconçue et autre rancœur « crypto-historico-subjectiviste ») qui aurait lu la sainte bible et à qui on demanderait de nous dire quelle est l’organisation politique qui sur notre planète serait la plus proche des idéaux chrétiens. que répondrait-il et surtout quel serait son cheminement de pensée?
En examinant superficiellement (je dis bien superficiellement) les programmes théoriques des différents partis, il serait d’abord tenté de répondre que le parti communiste (pour faire bref incluons dans les communistes aussi la franc-maçonnerie, et l’ensemble de la gauche) est le plus proche des idéaux de partage et de justice que le seigneur nous enseigne dans l’évangile. Après tout, le christ n’a-t-il pas dit « si tu as deux chemises, donne-en une à celui qui n’en a pas » ?
Il penserait aussi que le fait de privilégier comme le font les communistes le « genre humain » sur le nationalisme de sang et de race, est aussi une idée chrétienne. Chaque être humain étant née à l’image de dieu, un enfant éthiopien, a autant de valeur « en soi » et à priori, qu’un français ou qu’un chinois.
Il noterait aussi que la gauche (toujours en théorie) insiste sur la lutte contre le racisme, ce qui, sachant que le christianisme est un universalisme, le conforterait dans son premier choix.
Cependant très vite, notre ami des étoiles lointaines serait pris d’un malaise, il serait troublé. Il trouverait notamment paradoxal et incompréhensible que ces mouvements, tout en donnant l’impression d’une fidélité à l’endroit de certains points de la morale chrétienne, en rejettent cependant l’essentiel. Il serait forcé de noter avec stupeur que ces mêmes partis et systèmes qui d’un côté prônent la tolérance, sont favorables au meurtre de l’innocent absolu qui est l’enfant à naître, ce qui bien sûr est la pire des intolérances (ne pas tolérer qu’une vie humaine puisse continuer à se développer). Il noterait que les partis de gauches issus des lumières, en soutenant la légalisation du mariage homosexuel, sont, au fond, favorables à la destruction des bases de la reproduction et de la survie du genre humain (genre humain dont ces partis prétendent défendre). Il dresserait aussi le bilan catastrophique de cette philosophie, entre autres, les grands génocides du xx siècle. Il en viendrait à la conclusion que le résultat de cette morale « chrétienne » conduit à l’opposé de l’enseignement du christ. Pas mal, non ? Notre ami des galaxies, troublé (qui ne le serait pas à sa place ?), essaierait de comprendre pourquoi une morale apparemment chrétienne finit par produire des fruits qui sont justement à l’opposé du christianisme.
Alors soudainement il remarquerait que bizarrement toutes ces philosophies (superficiellement chrétiennes) ont un point en commun : le rejet de dieu ; bref, l’athéisme. autrement dit le rejet de l’essentiel du message chrétien : « celui qui me voit le père » ou encore « nul ne va au père que par moi ». Notre ami essaierait donc de voir ce qui se passe ailleurs dans les autres philosophies politiques. Après une brève analyse, il constaterait que si aucun système d’organisation politique n’est parfait, en revanche, ceux d’entre eux qui posent en préalable l’existence de dieu, sont de loin ceux qui respectent le mieux la dignité de l’homme dans sa globalité.
après avoir constaté que les adeptes des systèmes « d’entre deux eaux » (c'est-à-dire ce qu’on appelle la droite classique) par leur manque de conviction, leur suivisme réflexif et leur soumission à l’endroit des mouvements majoritaires, ne jouent en réalité aucun rôle, il en conclurait que c’est finalement la monarchie catholique qui sans être un système politique parfait, car sur terre il ne peut y avoir de système parfait « mon royaume n’est pas de ce monde », reste essentiellement le système qui respecte le mieux l’être humain. Il comprendrait que la condition sine qua non du respect de l’être humain dans sa plénitude existentielle, passe nécessairement par la reconnaissance du créateur, par la reconnaissance du « père » définit par le fils, Jésus-Christ. Il comprendrait que c’est seulement quand l’homme reconnait qu’il y a « plus grand que lui », qu’il peut se protéger contre lui-même, et que tout système athée mène « en soi » à l’orgueil et à l’enfer sur terre.
Puisse ce cheminement dialectique de notre ami du cosmos lointain, nous faire comprendre cette idée essentielle : cette fidélité à un christianisme sans dieu se transforme tôt ou tard en antichristianisme, c'est-à-dire, in fine, à l’imitation de dieu par le diable. La fidélité à une éthique chrétienne « débarrassée » de dieu (idée que notamment André comte Sponville aura, avec bien d’autres, développée toute sa vie), relève intrinsèquement de la quadrature du cercle et mène irréversiblement, en niant la divinité du christ, à la négation de la dignité de l’homme et à son écrasement. En effet, qu’est-ce que l’homme s’il n’est pas créé par dieu et à l’image de dieu ? Un simple animal qui ne vaut pas mieux qu’un vers de terre que l’on peut écraser. C’est l’erreur essentielle des lumières, de la gauche et de la franc-maçonnerie. Un christianisme sans dieu n’est rien d’autre qu’un satanisme déguisé. Nous commençons, et ce n’est que le début, à en payer le prix.
Jean-Pierre aussant
Photo: André comte Sponville. Catholique dans sa jeunesse mais ayant été incapable de résister au lavage de cerveau et à la pression de mai 68, il passera sa vie à essayer de se déculpabiliser d'avoir rejeté le christ et perdu la foi, en prônant la possibilité d'une "fidélité" à un christianisme sans dieu, à une sorte de christianisme moral athée. Le résultat, on le connait: culture de mort "pour tous".